HISTORIQUE RESUME DE LA MARQUE GIMA

 

La société GIMA (Groupement Industriel Métallurgique Automobile) a eu une vie assez courte puisqu'elle a produit de 1946 à 1955. Elle était installée dans le Puy de Dôme, à Chamalières au 24 Avenue Pasteur. Les trois principales personnes connues ayant œuvré aux destinées cette marque sont Paul Josué, l'ingénieux technicien à défaut d'avoir à cetté époque le titre d'ingénieur, Henri Andraud le fondateur qui avait eu une vie illustre avant la moto et Mr. Emmanuelli qui était PDG en 1954. Henry Andraud meurt trois ans après la création de GIMA. Paul Josué quitte GIMA en 1953 pour Automoto (St Etienne) puis rejoint les Ateliers Industriels de l'Aéronautique.

Le tout premier prototype sera construit entre février 1946 et le printemps 1947. C'est une 108 cm3 à fourche télescopique, équipé d'un moteur 4 temps AMC, 3 vitesses. Elle avait pour code 64-108. 

 

GIMA 64-108

 

Elle portait déjà des gènes prometteurs avec sa fourche télescopique qui en faisait la première petite moto française ainsi équipée en 1947 et la seconde marque après BMW. Pour une marque régionale naissante, GIMA avait fait fort. Son cadre en tube cintré de fort diamètre mais de faible épaisseur était très rigide et ne pesait que 7 kilos. L'ingénieur Paul Josué avait fait de la maniabilité la qualité première de ses motos. Il était très attentif à la qualité. Il avait lui-même participé à la production très manuelle des 75 premières motos. Il avait assuré le contrôle de tous les détails, y compris le test au banc des moteurs AMC et enfin à l'essai final de chaque moto.

Au début de son activité d'après guerre, Henri Andraud produit des pièces mécaniques pour les Ateliers Mécanique du Centre installés à Clermont-Ferrand et dirigés par les frères Louis et Henri Chartoires. AMC produit alors des moteurs 4T de petites cylindrées (108 cc et 125 cc) ceci crée une opportunité mutuelle pour développer une production de petites motos. Henri Andraud fait réaliser une étude de cadre par un ingénieur polonais qui lui propose une solution en tôle emboutie qu'il juge inélégante. Paul Josué lui fait rapidement une contre-proposition sous la forme d'un croquis sur une page de papier d'écolier. Henri Andraud est emballé. L'aventure peut commencer. Paul Josué se retrouve très vite responsable de toute l'activité motos. Ce qui suppose qu'une ou des autres activités existaient encore … mais je n'ai pas trouvé d'information. Les archives des chambres de commerce ne sont pas encore publiques pour cette période.

Le succès de la marque fût rapide. En 1947, le type 74 constituait le cadre à partir duquel des versions 125 (type 74), 150 (type 64) et 175 cm3 (type CR4) furent déclinées avec une motorisation AMC. GIMA participe dès 1948 alors au salon de la moto à Paris et se fait remarquer avec sa 175.

1949 sera l'année de deux évènements marquants pour GIMA : une victoire éclatante au Bol d'Or en et le décès brutal d'Henri Andraud en septembre.

Une 125 GIMA équipé du moteur AMC se classe 1ère en 125 au 21ème Bol d'Or couru sur l'anneau mythique de Montlhéry. Sur 57 motos engagées, toutes catégories confondues, 36 sont à l'arrivée. La 125 GIMA pilotée par Mathieu a tenu une moyenne de 72 km/h, qui comparée aux 99 Km/h de la NORTON 500 1ére toutes catégorie, est un véritable exploit. De plus, la 2ème 125 est aussi une GIMA 125 pilotée par Valeyre du fameux Moto Club d'Auvergne. Ces GIMA 125 ont fait jeu égal avec la 1ère 250, une JAWA, et ont surclassé la 1ère 175, Automoto pourtant équipée d'un moteur AMC aussi. A noter que pour la première fois en catégorie 125, une moteur 4 temps surclassait les moteurs 2 temps engagés. La GIMA victorieuse avait même tourné à 100 km/h si l'on neutralise le temps perdu pour changer à de très nombreuses reprises les bougies qui « ne tenaient pas cette cadence ». Les efforts de Paul Josué, d'Henri Andraud et des frères Charroires (fondateurs d'AMC) étaient bien récompensés et donnaient corps à la devise de GIMA « Labor Improbus Omnia Vinci » ce qui se taduit par « le travail opiniâtre triomphe de tout ».

 

 

 Au salon 1951, GIMA probablement sous l'effet de la concurrence, adopte en sus du 125 AMC un autre fameux moteur, l'YDRAL. C'est un vaillant 2 temps produit au 83 rue Carnot à Suresnes près de Paris. YDRAL est en écriture inversé le nom de son créateur Mr. Anatole Lardy. Ce sera le modèle 2 Y qui sera produit jusqu'en 1954. Ce moteur est sans doute le moteur 2 temps français le plus utilisé par les marques de motos et scooters françaises de cette époque. Soit une trentaine répertoriées sur l'excellent site internet du club Ydral. Parmi celles-ci :Follis, Gitane, New Map, Hirondelle, Paul Vallée, etc …

 Le 24 février 1954, Paul Josué, « l'âme de la technique  de GIMA» quitte la marque pour Automoto (St Etienne). Il terminera sa carrière en 1977 aux Ateliers Industriels de l'Aéronautique. Pourtant, GIMA poursuivra son activité en sortant une nouvelle 175 mais surtout une magnifique 250 à moteur AMC qui sera le « chant du cygne » de la marque qui fera faillite en 1955.

 

GIMA 250 AMC

 

1954 est l'année de l'offre de modèles 125 et 175 (SA) et (OS4 )avec suspensions arrières et du modèle CAPRI, 175 carrossée en aluminium coulé, façon scooter.

 Ces chiffres de production proviennent d'anciens numéros de Moto-Revue et la description en ligne des différents produits est le résultat du croisement de plusieurs sources. GIMA était une marque très marginale comme en atteste le niveau de ses productions et de ses ventes.

 En 1954 sa part du marché vélomoteur était de 0,32% alors que Motobécane, Peugeot et Monet-Goyon occupaient le haut du pavé avec des parts de marché respectivement de 22,50%, 19,45% et 16,85%. Mais Gima n 'était pas la plus petite. En effet, 10% de ce marché étaient couverts par des constructeurs ayant des parts inférieures à 0,04% !

 


 

GIMA 175 moteur AMC

En 1955, GIMA produit 787 motos, soit encore environ 53 % de son record historique de 1495 motos en 1952, puis se déclare en faillite. Cette disparition fait partie de la véritable hécatombe que va subir l'industrie de la moto française dont les plus grosses marques disparaîtront au début des années 60.

 

Pierre LEDUC

(extrait de mon site web dédié à la marque GIMA https://sites.google.com/site/lesmotosgima)